Le journal d’une victime

Le journal d’une victime

Une Victime n’accepte jamais

Un spot contre l’indifférence

Quand le ménage devait être les trafiquants et que ce sont les victimes, la victime

Le Récit d’une journée

Le parcours de con, le chemin d’une conne

Quand on faire du patriotisme un suicide une insulte a ceux qui en ont fait preuve!

Quand le parcours de réinsertion est existant et que le chemin des victimes, on souhaite l’effacer

Ma notion du Patriotisme

L’après

En 2007, j’ai perdu mon frère d’une overdose et cela a été une perte énorme pour moi, mon frère, mon aîné parti d’une façon que j’ai crainte toute ma jeunesse mais qui s’était effacée avec le temps.

J’ai tellement souffert de ce moment de pluie dans ma vie, dans mon cœur, une averse qui a fait de mes joues des chutes d’eau.

Aujourd’hui j’en suis nostalgique, pas de ce moment de perte car j’ai perdu mon frère et cela a été terrible mais de ce qui est venu après .

Car après, j’ai cru en tellement de choses, j’ai cru en la police, j’ai cru en la justice et je me suis sentie tellement plus forte.

J’ai cru en moi aussi, bien plus que je ne le croyais avant.

En 2007, j’ai rencontré un officier de police qui a eu un impact sur moi, sur ma personne comme personne n’a eu dans ma vie. C’est pour cela que, pour moi, une conversation, des mots, une rencontre peuvent être déterminants dans une vie, pour l’horizon que tu regardes, que tu te construis.

Avec du recul, je pense que pour la première fois je me suis retrouvée en face, auprès de personnes qui regardaient, ou étaient censées regarder vers la même direction. Je dis censées pourtant c’est ce que j’ai ressenti, une certitude qui s’est inversée aujourd’hui.

Je me suis sentie seule face à la toxicomanie de mon frère, toute mon enfance, toute ma jeunesse, même si j’ai réussi tout de même à me construire malgré tout. Mais il n’y a pas qu’avec sa toxicomanie mais avec ses choix de vie également qui ont eu des conséquences. Mais au-delà de cela, c’est tout le paysage de mon enfance.

Le paysage des conséquences, une mauvaise peinture que je ne voulais plus voir.

Je me suis sentie seule, pourtant ce n’est pas quelque chose que j’ai gardé enfermé à clé en moi, c’est quelque chose que j’ai dit, alerté car pour moi ce n’était pas normal.

Je ne dis pas que pour mes parents ça l’était, non, mais ils ont laissé pourrir une situation, baissé les bras bien vite.

En 2007, c’est comme si c’était la vraie rencontre avec moi-même, c’est comme si un voile s’était enlevé. Sa façon de voir, de vivre n’a jamais été la mienne, je le disais mais je ne le vivais pas totalement, mais cela ne m’a jamais empêché de penser, de penser par moi-même mais de le laisser totalement en tant que sœur et personne dans la perception, le ressenti que j’avais, je n’y ai jamais pensé.

De peur certainement de le froisser, quand on abandonne quelqu’un avec toute sa fragilité et son auto-destruction cela donne souvent un drame, ce drame je ne voulais pas qu’il en voit le jour.

Et puis ce jour est arrivé et je l’ai perdu.

On peut vivre des drames dans la vie qui nous détruisent. Moi je ne l’ai pas vécu comme cela, même si j’ai eu très mal, non, moi j’ai ressenti une force, des nouvelles résolutions, plein de projets, une dureté qui n’en était pas une, certains ont pu le penser, mais non, c’est juste moi et tout ce paysage que je ne voulais plus, car ce n’était pas le mien, ce n’était pas mon chemin.

En 2007, ça a été l’élection de Monsieur Nicolas Sarkozy. Il y a des présidents qui marquent l’histoire, moi je pense qu’il en fait partie. Il y a des gens qui disent se reconnaître dans leur président, moi je ne dirais pas cela, moi je dis que j’ai compris son discours et devant moi j’avais un homme de conviction. Je comprenais chaque parole qu’il disait, déjà en tant que ministre de l’intérieur et par la suite président de la République.

C’est la première fois que je votais pour un président, non pas pour faire mon devoir de citoyenne comme je l’avais toujours fait auparavant, mais parce que j’étais persuadée que c’était un homme avec sa carrure et ses convictions qu’il fallait.

C’est tout cela pour moi 2007 et j’en suis nostalgique, car de cette histoire, j’en suis devenue victime, une victime seule face à ce combat, et ce que je vis et j’en suis persuadée, je ne l’aurais pas vécu sous le mandat de Nicolas Sarkozy.

Ces personnes depuis longtemps se seraient retrouvées traduites devant la justice.

C’est quoi un homme avec des convictions ? C’est un homme qui dit et qui fait et il l’a démontré !

En tant que ministre de l’intérieur, il a répondu et reçu des personnes qui demandaient justice face à une situation. Il a dit, il a fait, pour moi c’est un homme de conviction. Moi, cela fait des années que je me bats, j’ai envoyé des courriers aux ministères de l’intérieur, à la justice, aucun retour… au-delà de cela, je suis une victime insécurisée, la justice inversée, la victime frappée d’injustice, un message d’incitation pour tous ceux qui commettent.

Moi, en 2007, j’ai eu plein de projets mais surtout je voulais que la personne qui a vendu cette substance mortelle à mon frère soit traduite en justice et au-delà de la personne, c’est tout ce qu’il y avait autour que j’avais en détestation.

Tout ce système !

J’en ai fait la démarche, c’est pour cela que la chronique « une chronique, une épaule » a vu le jour car quand on ne sait pas, qu’on est seul, ce n’est pas évident. Moi, je me suis sentie encore bien seule face à cette démarche, car mes proches n’en voyaient pas l’importance et moi j’y tenais car justement, moi, j’ai regardé les choses en face, moi justement, je savais, je savais très bien les conséquences, les dégâts que cela faisait et qui ont fini par le tuer. Mais au-delà de cela, je le dis, c’est tout un système qu’il faut démanteler.

Quand on n’accepte pas, on a le comportement qui va avec, c’est pour cela dans le ressenti qu’en 2007, j’ai cru que pour la première fois, j’étais devant, avec des personnes qui me comprenaient et qui faisaient tout au quotidien pour que ces personnes soient traduites devant la justice.

J’ai fait la démarche et j’ai rencontré des difficultés et j’ai essayé d’y remédier, j’ai essayé plein de choses, et notamment de partir, et partir cela ne veut pas dire cesser, cela veut dire parfois se protéger car l’hostilité a commencé à se parsemer, à s’installer tout autour.

Moi, je pensais qu’ils me rappelleraient, que rien n’était fini et que parfois il est normal de ne pas dire où ça en est. Et puis en même temps j’ai posé des questions sans me mettre en danger mais j’ai posé des questions tout de même.

C’est vrai qu’avec le temps, c’était un peu plus dur car les réponses n’étaient pas les bonnes, car l’hostilité était bien présente, car personne ne me rappelait, car mes proches ne voyaient toujours pas l’importance, pourtant la neige avait enneigé son corps, nous l’enlevant à tout jamais.

Et puis, au-delà d’avoir perdu mon frère, c’est tout ce système, et j’insiste, ce système pourri, un système néfaste.

J’aurais dû partir car c’était ma vie. Et surtout, il y a ceux qui sont néfastes qui sont dedans et d’autres qui ne font pas la même chose mais c’est quand même le même principe. Donc, comme ils ne veulent pas être inquiétés, ils acceptent, voire pire, ou finalement ils étaient avec.

Le sourire de vos ennemis peut être le même que celui des personnes de confiance.

Alors de cette femme que j’étais, que je suis, je suis devenue victime…

Nathalie Morteyrol

Car je n’aime pas frôler les regrets, car j’y ai pensé durant des mois. J’ai envoyé un courrier à celui dont j’ai pensé longtemps à envoyer quelques lignes. Je n’aurais jamais pensé lui envoyer là où je l’ai fait. Avec toute ma sincérité j’ai mis de l’encre sur des pages pour lui envoyer comme beaucoup un soutien dans un moment difficile, Monsieur Nicolas Sarkozy.

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