
L’intelligence muselée
J’ai décidé aujourd’hui de discuter, d’avoir une réflexion suite à un témoignage que j’ai entendu, une rencontre inattendue sur le fil de ma journée. Celui d’une jeune femme à la fleur de l’âge mais pleine de larmes. Le témoignage bouleversant, le cri de SOS d’une jeune femme qui a été reconnue HPI.
pouvons prêter attention a des témoignages , a une discussion qui nous interpelle en tant que personne.
Le SOS d’une jeune femme au quotidien compliqué mais pas insurmontable malgré ce parcours jonché de larmes, voilà le message que j’ai voulu, que je lui ai envoyé car ces larmes criantes, je les ai entendues et l’incompréhension, la différence, je sais où cela peut emmener.
Mais dans son témoignage, c’est autre chose qui m’a interpellé.
Je lui ai envoyé des armes, c’est le décalage entre son quotidien et ses capacités. Ce qui m’a interpellé, c’est le chemin où elle a été dirigée.
Ma réflexion est la suivante : l’intelligence n’est pas à museler, l’intelligence n’a pas à être endormie.
L’intelligence ça se cultive.
Cette personne, entre ses larmes, a expliqué ses journées, à quel point elle souffrait de son hyperactivité, de son manque de concentration, de sa perte de plaisir, du plaisir quotidien, du plaisir de la vie, souffrant de solitude, solitudine comme je l’appelle.
Le manque de sommeil, ses idées parfois sombres face à tout ça.
Autant de souffrance alors qu’elle a tant de capacités, de possibilités. Je pense qu’individuellement, c’est triste et collectivement, c’est une erreur car ce monde a besoin d’intelligence.
Car l’intelligence de la vie, de l’esprit, amène bien souvent des personnes à faire, à accomplir de grandes choses.
Un pays a toujours besoin d’intelligence, de grands cerveaux.
HPI, c’est d’avoir des capacités que d’autres n’ont pas, c’est un don que la vie t’a offert, ce petit quelque chose que les autres n’ont pas, ce petit quelque chose de brut à tailler tel un rosier, telle une jolie pierre.
Et là, j’étais devant une femme, les larmes déversant de son regard, n’arrivant plus à dessiner ses journées, plus aucun sourire, aucun plaisir, et que la seule chose que l’on préconisait, c’était du repos et des anxiolytiques, l’intelligence en sommeil devant autant de capacités.
Un oreiller devant l’intelligence.
Comment cela peut-il être possible dans un pays avec autant de possibilités, de capacités ?
Moi, juste en qualité de ma personne, je lui ai remis des conseils, car on ne peut pas attendre que tout vienne comme ça, qu’on vienne nous chercher ou tout régler à notre place. Il faut aussi que cela vienne de soi, du fond de soi-même et puis son appel à l’aide, car c’en était un, c’est ce qu’elle réclamait, elle voulait des conseils, n’en pouvant plus de ce quotidien obscurci. Seule, car elle ne voyait plus comment elle pouvait continuer cette vie si douloureuse.
Parfois dans la vie, quand on voit que le chemin où on a été dirigé n’est pas le bon et que rien jusqu’ici ne fonctionne, il faut savoir en prendre un autre, il faut relever la tête, retrousser ses manches.
Déjà un psychiatre, est-ce vraiment approprié quand on a affaire à l’intelligence ? Ne faut-il pas plutôt les orienter vers une psychologue, voire une psychanalyste pour débrouiller ces pensées ?
Mais surtout, quand on choisit ce chemin, il faut veiller à ce qu’avec ce professionnel, il y ait un échange réciproque, je te parle, tu analyses, tu conseilles, car juste une écoute, ça ne suffit pas, cela peut faire du bien un jour ou deux mais pas sur du long terme.
Ça peut arriver, ce n’est pas grave, il faut juste veiller à en avoir un autre avec qui il y a une vraie discussion et pas seulement une écoute.
C’est important pour pouvoir démêler dans quoi on est empêtré.
Souffrant d’hyperactivité, le plus souvent ce qui est conseillé, c’est le sport, le bienfait de l’esprit, le bienfait du corps, l’harmonie.
L’équilibre dans la vie est primordial.
Il faut cesser avec tous ces traitements anxiolytiques de les prescrire quand on ne comprend pas ou de les accepter. Moi, je pense qu’il faut déjà essayer toutes les méthodes douces comme la sophrologie, les massages et toutes les techniques de bien-être, qui font du bien au corps et à l’esprit.
Cette femme se retrouvant si seule, comme toutes les personnes qui le sont, car malheureusement beaucoup de personnes sont confrontées à la solitude. Il ou elle devrait réapprendre à vivre.
Elle disait souffrir de solitude, solitudine comme je l’appelle, et bien je pense qu’il faut aller contre le vent de sa silhouette, et pour cela, qu’il faut aller dans une salle de sport, là où la vie respire au lieu d’en faire seule de son côté.
Cette jeune femme expliquait qu’elle souffrait de toute cette capacité. Autant de souffrance devant autant de capacités n’est pas normal.
Je pense qu’il faut qu’elle se réapproprie sa personne, ce que j’entends par là, c’est d’apprendre à vivre, à se faire plaisir, commencer seule pour l’être moins par la suite.
Il faut qu’elle se demande, comme les personnes étant dans la même situation, ce qu’elle aime dans la vie, ce qu’elle aimerait faire. On se sert de l’intelligence, on ne la laisse pas s’endormir.
Car tout lire ou tout faire, ou tout apprendre juste parce qu’on a des capacités, cela ne veut rien dire, je pense que c’est pour cela que ça finit par l’épuiser, même la lasser. Non, il faut commencer par se demander ce qu’on aime dans la vie et à partir de là, utiliser ces capacités pour s’épanouir, se reconstruire.
La vie est tellement belle, longue mais parfois tellement courte, alors la passer cloîtrée à son domicile et pleurer, c’est quelque part la gâcher.
La vie, il faut la vivre passionnément, intensément car elle est belle.
Il faut profiter des moments de la vie, c’est par des petits riens en choisissant un bon resto, un bon ciné, un bon film, aller voir un artiste en concert, devant une bonne émission, toutes ces choses qui sont faites pour divertir, pour l’apprécier.
Les rencontres se provoquent et c’est en allant là où la vie respire qu’on finit par être moins seul. La solitude, il faut que cela soit un choix et non quelque chose que l’on subit.
Ce pays, les institutions s’occupant des personnes reconnues HPI, devraient se pencher sur la situation et ne pas laisser ces personnes à la dérive.
Je pense que quand le quotidien est déséquilibré, il faut réajuster la balance, il faut apprendre à organiser ses journées, se levant tôt, planifier pour réapprendre à vivre son quotidien, quitte à se faire un planning, mais finir une journée, voir le coucher du soleil en se disant j’ai fait tout ce que j’avais prévu, voir plus, une journée enrichissante, comblée de satisfaction.
Ça a été une bonne journée, une journée bien accomplie, demain sera meilleur.
C’est comme cela que tout se remettra en place et tout redeviendra une habitude.
L’intelligence ne se musèle pas, ne s’endort pas, elle se cultive, car l’esprit cultivé fleuri.









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